FUCKFEST, this was picnic

Mardi matin, il fait beau, et je m’extirpe enfin de mon lit à 10h13. Mes bras me font encore un peu mal, et je peux sentir la bosse sur mon crâne. Bon sang de putain de bordel de week-end.
J’arrivais vendredi pour une dédicace presque improvisée à BD Net, tout ça pour me faire défrayer et pouvoir boire plus de bières avec le ramassis de copains qui venaient presque des 4 coins du monde. Bon, en fait ça venait surtout des 4 coins de l’hexagone (ahah) et des USA yeah man, rien que ça. Petit repas peinard bien accompagnée par Capuxxxine, Libon et Lenka, dernière bière avec le Tampographe qui nous a rejoints pour me refourguer ses créations, et alors que je faisais plus ou moins gaffe à ce que je pouvais sortir comme grossièretés devant une innocente enfant (ce n’est pas Capuxxxine), le tampon CREVE SALOPE a ouvert les vannes, j’étais alors fin prête à rejoindre le gros des troupes à la Porte des Lilas où un pré-fuckfest avait lieu. Je suis arrivée tard, autant dire que certains étaient déjà bien attaqués, et ça promettait pour la suite. J’ai fait calme, l’heure de la dédicace n’était pas la bonne j’en avais profité pour prendre de l’avance à 16h, du coup je n’ai pas bu au Rigoletto, vu ce qui nous attendait encore…
Le samedi matin, réveil plus ou moins difficile, moi ça va, je pète le feu et je m’autocongratule pour ma prudence de la veille. On décolle pour rejoindre le gros des troupes à Mains D’œuvres vers 14h, dans le métro, un prémisce du fuckfest fait un bout de route avec nous, comme pour nous mettre dans le bain. A St Ouen, tout le monde arrive quasiment en même temps, ça arrive de partout, de Lozère, de Nîmes, de Montpellier, de Angoulême, de Bordeaux, de Nancy, encore un peu dans le voyage les gens ne sont pas encore surexcités. Je squatte les marches devant l’entrée des artistes vu que je n’ai rien à foutre parce que je suis venue en touriste, sans mes posters, pour une fois, décidée à profiter à fond des concerts. Je reste un bout de temps à fumer des clopes, à évoquer quelques groupes merdiques avec les deux tiers d’Up Yours, le dernier tiers devait être en train de se liquéfier en attendant de jouer avec son autre groupe, Pitsky, qui ouvrira les hostilités.
Je découvre les loges malgré tout, poussée par mes chéris Gréju et Bilou, décidés à me voir bourrée dirait-on, j’ouvre une Königsbacher, DidShub est déjà au pastis et quand vient l’heure des balances de Shub il fait « Main’nant ?! pfouuuu » en faisant un petit tour sur lui même, avant de se resservir un petit jaune pour la route.
Il est 19h, Pitsky s’installe. C’est le dépucellage pour pas mal de monde dans la salle, pour ma part je suis déjà conquise, j’attends juste de voir à quelle sauce on va être mangés. Et pour le coup, c’est aussi bon qu’un bœuf bourguignon : le son est énorme et Pitsky est content d’être sur scène, autant dire que leur set a été parfait, même Bilou a pas aimé mais il a « A-DO-RE », avé l’assent. Voilà donc une excellente mise en bouche pour la suite, ça enchaine rapidement avec Death To Pigs, tout aussi bon, j’ai déjà mon horrible rictus collé au visage, celui que je n’arrive pas à réprimer quand je suis vraiment contente d’être là où je suis.
Café Flesh prend le relais, je ne les connais pas à 4, et même si les nouvelles compos me plaisent, pour une fois je ne suis pas complètement emballée, je ne sais pas trop pourquoi, il manque peut être un peu de folie, ou certainement d’alcool…
De mon côté, j’ai eu le temps de tester la Grolsch au bar quand les merveilleux Shub montent sur scène, pour nous asséner le plus grand coup de la soirée, ni plus, nîmois. Je sais que je ne taris plus d’éloges sur ces putains de sudites à chapeaux de paille, mais bordel, ce soir là, tout le monde a été retourné, l’ambiance était déjà bien réchauffée, Shub a mis le feu aux poudres. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tout le monde s’est mis à gigoter, la foule a vu son âge divisé par deux et s’est mis à rebondir qui à gauche qui à droite, dans un merdier de stage diving, de frénésie, de joie absolue, tant et si bien que devant un tel show de Shub, des larmes me sont montées aux yeux, impossibles à réfréner, hilare et émue, je sortais de ce concert dément avec le seul regret de ne pas le voir durer un peu plus, pour me rincer le gosier, entourée de personnes en sueur, la grosse banane aux lèvres, qui n’arrêtaient pas de dire « putain, putain ! ».
Autant dire que pour Pneu, ça n’allait pas être facile. J’étais tellement secouée que j’ai fait l’impasse, mal m’en prit, d’après le report que m’en a fait Rica… Tant pis. Ultraphallus j’y suis allée vite fait voir de quoi il retournait, intriguée par les impressions de mes congénères (« ho putain, ils se la pètent grave, eux ») pour constater qu’effectivement, ils se la pètent grave, eux. Une musique sans âme, le cul entre 4 chaises, qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans ce festival. Je vais faire le tour des stands installés dans le bar en buvant des Grolsch, je tombe sur Fatty qui donne la becquée à Bilou, Massacra se fait tartiner stoïquement le visage de ketchup par un mec qui s’avèrera être incroyablement pénible, tout particulièrement pour Marvina.
Je fais vite sur le trajet de St Ouen à République : tout le monde a du gérer Phil Fleshou, bourré, qui ramassait tout ce qu’il trouvait et trouvait super d’en taper 5 à un type pas jouasse qui écoutait du pe-ra à fond sur son portable dans le métro, on finit par se rejoindre tous au Petit Tonneau, un bar qui profite honteusement du fait qu’il soit ouvert toute la nuit pour faire des demis à 3,40 et des hot dog à 8,90.
Le ketchup, lui, est gratuit, au grand dam de Marvina.
Mon Ours, crevé puisque levé à 6h pour se taper la route, capitule vers 3h, et vu que je ne suis pas franchement au top de ma forme non plus, on profite du taxi que prend Massacra, qui laisse Oli à sa « dernière bière », celle qui dure 3 heures. Chill Out dans le canapé, avant que Fatty, Rica et Olivier ne débarquent pour une séance de gonflage de matelas dans la cuisine. Dit comme ça, ça parait simple.
Dimanche matin, c’est déjà plus dur. 50 cafetières plus tard, ça va mieux ou presque, et c’est reparti pour un petit tour de métro.
Grosso-modo, c’est la même que la veille, les cernes en plus, dans les loges. Fatty se dégourdit les doigts, Wil et l’Ours révisent. Ce soir, Up Yours ouvre le bal. Je n’ai pas encore parlé de l’incroyable jeu de Roux Des Pattes aka Fatty, et je corrige mon impardonnable erreur de ce pas : ce type est dingue. Je ne suis pas guitariste, mais je vois bien qu’il sait s’y prendre avec son manche, et en plus d’être virtuose, ce fou furieux fourmille d’idée et se paie le luxe d’être hilarant sur scène, Up Yours comme Pitsky, dans des styles pourtant complètement différents, en sont les preuves irréfutables. Et ce soir avec Up Yours, ce hippie -boosté par l’amour ambiant- se déchaine, Wil et l’Ours tout aussi convaincants, pour nous offrir la crème des concerts et son coulis de poils de torse, et ce que j’en tire comme conclusions, c’est que Fattos en chauffeur de salle, on ne pouvait pas rêver mieux pour donner le ton à ce week-end où les zygomatique et autres muscles abdominaux ont joué un rôle primordial.
Je me fais vieille, et j’avoue avoir eu du mal à entrer dans les sets des Choochooshoeshoot, Goodbye Diana et Do You Compute (où Greg a tout donné, après avoir ressuscité de ses psychosomatismes) , je crois que tout bêtement je n’étais pas dans ce genre d’ambiance, préférant m’étrangler de rire devant le spectacle transformiste que donnait Thierry-dans-ton-bourg dans les loges, à grands coups de bière au pastis et de tubes ringHards. Je finissais ma Shoenbraü quand j’entends les premiers rugissements de Basement en bas, ni une ni deux, je suis déjà dans la moiteur de la salle, et le son est énorme. Basement soulève son public, et je me retrouve à mon tour en l’air, portée par Bilou et Gréju si ma mémoire ne me trompe pas, balancée au dessus d’une houle de visages ravis, pour finir hilare sur les épaules du grand patron non moins souriant, et me sentir comme si j’avais 15 ans, heureuse comme pas deux. Le concert finit comme un rêve, même pas le temps de m’en apercevoir que je suis devant Marvin. Ça aurait pu être le gros gros bordel final, avec la musique disco-dansante qu’on leur connaissait, mais les nouvelles compos, bien que je sois contente d’en entendre enfin, sont plus cérébrales, et ont tendance pour moi à faire retomber le soufflé… Jusqu’à ce que quelque chose fonce sur moi, me projetant à travers la salle, cognant des têtes au passage sans avoir le temps de m’excuser, ce n’est qu’au mur du fond que je vois que c’est Olivier, le temps de traverser dans l’autre sens en hurlant me suffit pour me rétablir d’un coup juste avant le Grand Final…
…On appelle le Big Chief sur scène, avec Massacra, pour deux reprises on ne peut mieux choisies. Ça démarre sur les chapeaux de roues alors que je suis en train de mettre Roms dans la confidence d’une des reprises, j’ai à peine commencé ma phrase que Wasted des Black Flag provoque un nouveau raz de marée, à peine le temps de dire ouf c’est déjà passé pas le temps de compter mes os, j’entends quelque chose de très familier et cher à mon cœur de bichette, Bilou sur scène m’adresse un signe, je lève les bras, je crie, j’ai reconnu This Ain’t No Picnic des Minutemen et je ne verrai rien de la performance des copains, plongée dans ce qui est un des meilleurs morceaux du monde, aspirée, rejetée, expulsée, secouée, prise entièrement dans la respiration épileptique du public tout entier dans cette dernière danse désarticulée et jouissive et sauvage pour rester étonnée que ce soit déjà fini et vouloir que ça recommence déjà.
Il me faut un moment et une bonne bière pour me remettre la tête dans le bon sens et repartir pour m’esclaffer pendant un long, long moment plantés devant Mains D’œuvres à attendre un coup d’envoi pour République, oui, le bar qui fait des hot dog à 8,90 et je m’en priverai pas plus que la veille, affamée que je suis après cette séance d’aérobic intensif.
Il s’est passé des trucs encore ce soir là, mais le final pour nous, à savoir Rica, Fatty, Jim Bear et moi, c’était ce putain de trajet en taxi. Du moment où j’ai mis le pied dedans et que j’ai entendu le chinois qui conduisait, je me suis doutée que ça allait être épique, et j’étais encore loin de me douter à quel point. 10 minutes non stop de fou rire, j’étais à l’arrière avec Fattos et Jim Bear, nous tenant les côtes, pleurant, hocquettant, nous étouffant, pendant que Rica alimentait la conversation avec ce chauffeur fou qui voulait savoir si on connaissait les 3 Alain, Alain Chamfort, Alain Souchon et Alain Bashung et si ils jouaient l’Indochine, ou s’ils étaient les Forbans ou Dire Straits, et si on préférait Chuck Norris à Jackie Chan. Je résume, et je me mords encore les doigts de ne pas avoir filmé et de ne pas pouvoir le raconter aussi fidèlement que possible. Arrivés à Gambetta, en sortant de ce taxi de l’enfer, Rica demande son nom à ce chauffeur unique, qui nous assène le coup fatal en répondant : « Albelt de Monaco ». Il nous a bien fallu une heure pour nous en remettre, et c’était une conclusion parfaite à ce week end de dingos.

Un aperçu de Shub, vidéo de Lauranie KIKETTE

[EDIT] et tout un tas de photos sur le blog de Steph Rad Party
[RE-EDIT] si vous voulez jeter une oreilles aux groupes sus-cités, allez donc voir par là si j’y suis (dans le désordre le plus complet) :
Up Yours
Pitsky (attention, ce myspace peut provoquer des crises d’épilepsie)
Shub
Marvin
Goodbye Diana
Café Flesh
Choochooshoeshoot
Basement
Pneu
Do You Compute
Death To Pigs

Oui il en manque un, j’ai pas envie de chercher…

 

16 banalités sur “FUCKFEST, this was picnic” (ajouter une baliverne)

  1.  

    Wé, c’était paaas maaal…

  2.  

    heheheh j’aime ta modération

  3.  

    yes! un report!
    je t’envoie un bouquet d’arnica pour fêter ça. tu préfères en granulés ou en tube?

  4.  

    génial de l’arnica ! t’as pas en suppos plutôt ?

  5. Burrito Rassis
     

    ce qui est pas mal, c’est que là, présentement, on écoute Shellac à burnes au boulot….
    ce week-end, c’était…..

  6.  

    He ouai! PNEU ca cartonne severe! Les autres j’connais aps mais ca avait l’air chouette

  7.  

    Pneu ça démonte, ils sont déjantés

  8.  

    ha putain skidz, je crois que le coup de pneu ça démonte il a déjà été fait sur un autre post….

  9. vincent delerm not dead
     

    … Sinon, CQFD est sorti.
    Lisez CQFD.
    Sinon t’auras une volée.

  10. vincent delerm not dead
     
  11.  

    il a déjà été fait au bar de l’Heretic aussi en compagnie des sieurs Yulumba et Gwardeath… en plus des « gonflé à bloc », « ils vont finir à plat, complèment crevé »" et j’en oublie

  12.  

    je vois très bien la scène…
    tiens t’es au jus, j’imagine, que Blockheads et Mumakil joueront le 9 mai ?
    et que le 30 avril y’a Saviours ?

  13.  

    un autre report, du dimanche seulement (qeul dommage d’avoir raté le samedi, sa race !)
    http://www.positiverage.com/whats_up/up45.html

  14.  

    Savious je savais, mais rhhhhhhaaaaa putain non je savais pour Blockheads + Mumakil!!!! you know what? I’m jouasse

  15.  

    heheeeee

  16.  

    [...] report du FUCKFEST#2, tu peux te faire une idée en lisant ceux de Nextclues (jours1 & 2), de Tank, de L’Ours et de Steph RadParty. MarieXXme (qui est amoureuse de moi) a réalisé deux [...]

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